Les gravures sur pierre des différentes dynasties de l’Égypte antique, ses grands monuments, ses anciennes et mystérieuses pyramides sont bien connus dans le monde. Ses peintures et ses pétroglyphes sont la preuve d'une présence animale abondante depuis l’époque préhistorique. L’Egypte jouit d'un paysage très riche et fascinant renfermant entre autres des grottes qui se répandent dans tout le pays. Confinés à la maison en raison du Covid-19, essayons alors de faire un tour d’horizon des plus belles grottes d'Egypte, allons-y…
Au milieu de la vallée du Nil entre Louxor et Assouan, villes situées sur la rive est du fleuve, se trouvent une série de murs gravés qui ont été datés à 17 000 ans selon l’organisation Tara (Trust for African Rock Art), qui tient un registre de certaines de ces découvertes.
De nombreuses autres découvertes n’ont pas été datées mais on pense qu’elles remonteraient à la même période que les découvertes dans la vallée du Nil. Le site le plus connu du pays est celui de Wadi Sura, d’où proviennent un grand nombre d’images.
Wadi Sura signifie en arabe « Vallée Peinte ». Le site est situé dans le sud-ouest du pays près de la frontière avec le Liban, sur la partie occidentale du Gilf Al-Kabir, nom qui signifie la « Grande Barrière » de formation calcaire, de grès ou de roche sédimentaire.
Dans la roche du Gilf Al-Kabir vous pouvez voir les scènes de chiens attaquant trois oryx (de la famille des antilopes) sous le regard d’un homme les observant les bras ouverts.
Dans la prochaine peinture de Wadi Sura, dans la partie supérieure gauche deux hommes sont agenouillés avec les mains levées, l’un devant un être mythique au cou allongé et aux longues oreilles. Dans des couleurs usées se trouve une rangée d’hommes peints avec deux couleurs, qui portent apparemment des coiffures d’animaux.
Il y a 17 000 ans, la Terre était à la fin de la dernière ère glaciaire (commencée il y a près de 80 000 ans). Le climat de la planète était bien plus froid. En remontant de 100 000 ans dans le temps, la partie du Sahara aujourd’hui en Égypte était traversée jusqu’à la Méditerranée par trois grands fleuves en son centre. Ces fleuves avaient sur leurs rives des vallées fertiles d’environ 100 km de large, selon une étude réalisée par l’Université d’Oxford et d’autres institutions. Au fil du temps, d’une certaine manière, toute la région a été recouverte de sable.
Grotte Sannur
La grotte Sannur est une grotte de karst classique créée par la percolation d'eaux souterraines à travers la roche calcaire de l'Eocène du plateau Galala. C'est le meilleur exemple de ce type de grotte en Égypte. À mesure que l'eau percole vers le bas, l'excédent de carbonate de calcium se dépose sur la voûte et le sol de la grotte, formant de spectaculaires stalactites et stalagmites de formes variées. Lorsqu'un rayon de lumière vient briller sur eux, ils scintillent comme au pays des merveilles. En surface, il y a des dépôts de latérite, ou terre rouge (terra rossa) associés à de telles formations, ainsi que plusieurs avaloirs (dolines). Cette grotte est située à 10 km de la ville de Beni Suef, à 2 heures de route du Caire.
Grotte des Bêtes
La grotte des Bêtes est un abri sous rochesitué dans le Sud-Ouest de l'Égypte, en plein désert, près de la frontière avec la Libye. C'est l'un des plus importants abris sous roche ornésdu Néolithiqueau Sahara.
L’abri sous rocheest situé au Ouadi Sora, dans le sud-ouest du plateau de Gilf al-Kabir, dans la région frontalière entre l’Égypte, le Soudanet la Libye. L'endroit, aujourd’hui inhabité, est une des régions les plus sèchesdu Sahara.
L’abri a été découvert en 2002 par les archéologues Massimo et Jacopo Foggini et Ahmed Mestekawi, raison pour laquelle on a d'abord désigné l’endroit sous le nom de grotte Foggini-Mestikawi ou grotte Foggini. En 2010, des scientifiques de l'Université de Cologne y ont mené des recherches et ont appelé l’abri Wadi Sura II.
Les peintures datent du Néolithiquemoyen (environ 5 000 ans av. J.-C.). L'abri mesure 17 mètres de long sur 7 mètres de haut et compte — avec quelque 5 000 peintures dessinées en rouge, jaune, blanc et noir sur un fond de mains et pieds négatifs — des groupes d'hommes et des animaux mythologiques thérianthropeset acéphales, appelés bêtes, de qui l’abri a pris le nom. Alors que le symbole des mains négatives est très répandu dans beaucoup de grottes du monde entier, les bêtes « ne se trouvent qu’aux environs du Ouadi Sora ». Les couleurs des peintures sont exceptionnellement bien conservées et constituent différents sujets souvent superposés. Des gravures en bas-reliefferment l’abri vers le haut. Les mains négatives comme pochoirforment la couche la plus ancienne tandis que les petites figures blanches et les grandes figures en jaune sont plus récentes.
L’abri est célèbre grâce aux bêtes, dont beaucoup ont subi des mutilationsà l'époque préhistorique. Constamment entourées des sujets, les bêtes impressionnent par leur aspect et leur taille : leur queue est longue et leur corps a l'allure d’un taureau très souvent à trois pattes, parfois sous forme humaine. Bien que sans tête, les bêtes semblent recracher ou engloutir des êtres humains dont certains paraissent porter une sorte de réseau doré.
La nouvelle grotte récemment découverte au Sinaï
Une nouvelle découverte dans une grotte du Sinaï s'avère être la première de la sorte dans la région. Elle est en effet décorée du sol au plafond avec des peintures anciennes colorées.
Des égyptologues du ministère du Tourisme et des Antiquités ont découvert la grotte dans une région située à 30 kilomètres au nord de la ville de Sainte-Catherine et à 60 kilomètres au sud-est de Sarabit el-Khadem, une ancienne cité égyptienne célèbre pour ses mines de turquoise. La grotte de grès est située dans une zone difficile d'accès; elle mesure environ 3 mètres de profondeur par 3,5 mètres de large, a déclaré Dr Moustafa, secrétaire général du Conseil supérieur des antiquités. Des peintures remontant jusqu'à 10000 ans avant notre ère. Les peintures rouge-foncé d'animaux, dont des ânes et des mulets sur le plafond, sont considérées comme les plus anciennes, remontant entre 5500 et 10000 ans avant notre ère. Les corps des animaux de cette époque sont cohérents dans toute la grotte. Cinq des mêmes animaux sont vus sur le plafond à l'entrée de l'abri, ainsi qu'un ensemble d'empreintes humaines au plafond et sur un rocher au centre de la grotte. Un deuxième groupe de dessins se caractérise par des peintures qui semblent être des femmes et des animaux pendant la période chalcolithique, ou l'âge du cuivre, l'ère entre le néolithique et l'âge du bronze, qui est une transition entre l'utilisation de l'outil en pierre et le travail du métal.
La région a été habitée depuis l'époque préhistorique avec les plus anciens documents écrits datant de 3000 ans avant l'ère commune, lorsque les anciens égyptiens enregistraient leurs explorations pour la recherche de minerai de cuivre.
Les grottes de sel
Les grottes de sel se sont répandues en Egypte et sont destinées à un usage de médecine naturelle, de relaxation et de traitement du stress.
La première grotte fut inaugurée dans la ville de Charm El-Cheikh, dans le sud du Sinaï. D'autres grottes ont été aménagées à Taba, Ain Sokhna, Giza et Marsa Matrouh. Toutes dépendent du sel de la ville de Siwa, une oasis située à l'extrême ouest de l'Égypte.
La grotte de sel se compose de salles conçues en grottes de montagne, recouvertes de sel cristallin et rocheux, ornées de colonnes et blocs de sel. Le sol, par contre, est entièrement recouvert de sel broyé. Chaque grotte offre des sièges pour la détente, avec un éclairage tamisé, pour profiter du calme et apporter de l'énergie positive. Tout en écoutant de la musique douce pour se détendre.
Les grottes de sel se ressemblent en termes de conception de base. Principalement basée sur des plaques et blocs de sel blanc, bleu et coloré. Ces derniers mois, plus d’une grotte de sel a été ouverte en Égypte. Ce secteur constitue une nouvelle niche, en plus du tourisme des monuments historiques, des croisières sur le Nil, de la plongée au Sud-Sinaï, et de la baignade sur les rives de la Méditerranée.
La grotte de sel, traite certaines maladies neurologiques et psychologiques, élimine l'énergie négative, soulage du stress, de l'épuisement, du stress et les toxines du corps. Elle est conseillée pour le traitement de la thyroïde, la sensibilité thoracique, et la pression artérielle. Sans oublier les charges nocives dans le corps.
Le visiteur passe de 40 à 50 minutes dans la grotte de sel à méditer, à récupérer et à inhaler de l'iode. Ce temps de concentration équivaut à faire asseoir le patient au bord de la mer pendant 15 heures, de manière à saturer son corps en iode, et à activer la circulation sanguine et la thyroïde. Ainsi que l’élimination de l’énergie négative, des charges nocives du corps, et des allergies indésirables.
Certains pensent que la promotion intensive des grottes de sel, vise à promouvoir le tourisme. Ainsi que le sentiment de confort, de tranquillité d'esprit et de confiance en soi, chez les visiteurs. A l’instar de la grotte de sel de Charm El-Cheikh, première du genre pour le traitement des affections thoraciques et de relaxation, à Taba, la grotte de sel est riche en iode, brome, magnésium, fer, sodium et potassium.